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Spiritualité & Arts Martiaux

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Spiritualité & Arts Martiaux

Mais qu’est ce que la force ? On ne peut la définir sans se référer à un individu, un domaine de compétence, une échelle de repères…

Pour l’Artiste Martial, la force représente l’ensemble des qualités requises pour accéder à la paix, à la sérénité. Nous parlons ici de la paix intérieure dont la conséquence sera la pacification du monde extérieur.

Pour ce faire la force doit être considérée comme la combinaison des travaux effectués sur une longue période de temps dans trois domaines d’investigation : le plan physique, le plan mental, le plan spirituel. Ces trois plans sont indissociables. Aussi vrai que la force physique n’est rien sans la force mentale, cette dernière ne s’épanouira réellement que sur les bases d’une spiritualité vécue. Peu importe notre culture ou notre religion, la spiritualité est d’abord la reconnaissance du fait que notre existence sur Terre à un sens et qu’il convient d’en faire bon usage. C’est aussi l’acceptation que nous faisons partie d’un grand Tout régi par des lois qu’il est préférable d’intégrer afin de ne pas souffrir par cause de nos illusions. Vous trouverez ici des documents inspirants que vous choisirez de retenir ou de rejeter. La spiritualité ne doit pas être une prison mais la source intarissable dans laquelle le Guerrier puisera la confiance qui le mènera à dépasser ses peurs et ses doutes.

La force et sa maîtrise constituent
la quête majeure des Artistes Martiaux.

De nos jours, la pratique d’un Art Martial se résume à une étude essentiellement technique de gestes de combat. Pourtant, avant que les Arts Martiaux ne deviennent des sports, ou des loisirs, on disait d’eux qu’ils offraient, à ceux qui avaient le courage et le privilège d’y être initiés, de véritables écoles de la vie. Qu’est ce que cela signifie ? Comment retrouver et réadapter les enseignements anciens ?
Afin de rentrer dans le vif du sujet il convient d’abord de bien le définir car le vaste paysage des disciplines liées de près ou de loin à l’apprentissage du combat nous offre de multiples occasions de faire des confusions, des amalgames ou des erreurs d’interprétation des propos que nous tiendrons plus bas.
Il ne faut pas confondre les sports de combat, les systèmes de self défense et les Arts Martiaux.
Un sport de combat est, comme son nom l’indique, une discipline sportive. L’esprit qui justifie son existence est celui de la compétition. Le but est de s’entraîner afin d’acquérir la condition physique et le niveau technique qui vous permettront de mener un combat réglementé et cadré par une surface d’affrontement, une catégorie de poids, un registre technique imposé et restreint, des règles de comportement et une limite de temps d’affrontement. Même si certains pratiquent les sports de combat avec, à la base, une démarche de type loisir, l’objectif de celui qui s’engage sérieusement  dans cette voie est de gagner, de devenir plus fort que les autres. La boxe Anglaise, la boxe Française, le Kick Boxing ou encore la boxe Américaine sont des sports de combat. La boxe Thaïlandaise peut figurer dans cette catégorie mais lorsqu’elle est pratiquée dans sa forme et son esprit originels, elle passe dans la catégorie des Arts Martiaux.
Un système de self défense est une méthode de gestion de conflits physiques. Ce qu’on y apprend est uniquement construit sur la volonté de fournir à une personne, les moyens physiques, techniques et psychologiques de faire face à une agression ou une bagarre. Les professeurs les plus intelligents y enseignent à désamorcer ou à éviter les conflits avant qu’ils n’aient lieu et à « sauver les meubles » par des actions en accord avec les lois sur la légitime défense si la confrontation physique ne peut être contournée. Le Krav Maga est la discipline de self défense la plus connue mais le phénomène étant à la mode, de nouvelles méthodes naissent chaque jour par dizaines.
Ce qu’offre la pratique d’un Art Martial est bien plus compliqué à comprendre surtout pour les esprits occidentaux. Il faut d’abord distinguer les sports d’inspiration martiale des Arts Martiaux traditionnels. Les sports d’inspiration martiale ont été créés au XXème siècle à partir des Arts Martiaux traditionnels. On en a extrait uniquement les enseignements techniques que l’on a épuré afin qu’ils soient transmissibles au plus grand nombre. On a renié l’esprit initial des Arts Martiaux en en faisant des méthodes de formation uniquement physiques pour, dit-on, les préserver. C’est vrai que notre société moderne, construite sur l’esprit de compétition, ne voulait plus des enseignements traditionnels. Elle a donc transformé les Arts Martiaux en sports d’inspiration martiale dans lesquels on s’entraîne pour :

Etre en forme.
Réaliser des performances athlétiques ou techniques.
Se conformer à une gestuelle standardisée revendicative d’un style dans le cas d’une recherche esthétique.
S’opposer aux autres dans le cadre des entraînements ou des compétitions.
Apprendre à se battre dans un contexte réglementé.
Se donner en spectacle, faire des démonstrations.

Malheureusement ces disciplines martiales modernes sont celles qu’on nous propose généralement lorsqu’on pousse les portes d’un DOJO.
JUDO, TAEKWONDO, KARATE, KUNG FU, JU JITSU, rares sont les styles qui, comme l’AIKIDO, n’ont pas renoncé à leur forme traditionnelle pour ne plus proposer qu’un sport. Aujourd’hui, on a d’ailleurs tellement oublié ce qu’étaient les Arts Martiaux traditionnels que leurs adeptes rougissent devant les nouvelles disciplines à la mode. En effet, ils tentent par tous les moyens de prouver leur efficacité en self défense ou en combat sportif. Ils s’évertuent à rappeler qu’ils existent et n’hésitent pas à s’éloigner encore un peu plus de l’esprit initial de leur Art en se transformant en méthode de combat de rue ou de combat sur ring ou en cage. Une guerre des disciplines fait rage sur le thème de l’efficacité en combat. Qui sera la plus violente, la plus destructrice, la plus démonstrative, la plus brutale ? Mais la vraie guerre cachée derrière tout ça est une guerre d’égo et d’argent.
C’est triste ! Surtout lorsqu’on sait que la maîtrise de l’égo et le renoncement aux désirs de profit personnel étaient des objectifs à atteindre pour les Anciens. Pourquoi ? Parce que cela était une condition à l’évolution. Vous avez bien entendu, si, autrefois, on suivait la voie martiale traditionnelle, s’était que l’on avait choisi les arts de la guerre comme outils d’expression et de développement personnel. Grace à leur étude et leur pratique on travaillait jour après jour à se parfaire en tant qu’être humain. Il ne pouvait y avoir de compétition contre les autres. La seule compétition était contre soi-même. Sur la voie que constituait ce cheminement vers soi, devenir un excellent combattant pouvait être une conséquence, mais cela ne constituait en aucun cas un objectif. Se vaincre soi même était bien plus important.

« Do » signifie « voie » en Japonais ou en Coréen tout comme « Tao » en Chinois. Nous retrouvons ces termes couramment lorsque nous entrons dans le monde des Arts Martiaux :  On pratique le BUDO, la voie des arts martiaux, la salle d’étude est le DOJO, c’est à dire le lieux de la voie, un enchaînement de mouvements spécifiques d’une boxe chinoise est nommé TAO ou TAO LU, on pratique le JUDO, la voie de la souplesse, le KARATE DO, la voie de la main vide, l’AIKIDO, la voie de l’union de l’énergie, le TAE KWON DO, la voie du pied et du poing, Bruce LEE avait élaboré son JEET KUNE DO, la voie du poing qui intercepte… Bref, nombreuses sont les occasions de nous interroger sur ce que les anciens souhaitaient désigner en incérant, au sein même des noms de leurs disciplines, un mot spécifiant que la pratique martiale n’étaient pas juste un registre de techniques pour faire la guerre.
La voie est un chemin initiatique, un parcours censé nous mener vers nous même ou plutôt vers la plus pure expression de nous même, notre essence profonde en somme. Le terme « initiatique » nous renseigne sur le fait que cette voie doit nous révéler peu à peu les secrets de la vie, ce qu’elle est, ce qu’elle attend de nous, comment elle fonctionne, selon quelles lois. La voie doit nous amener à vivre l’expérience de ces lois afin que nous puissions les intégrer. C’est là tout le but de la pratique martiale au sein de la voie des Arts Martiaux : nous permettre de vivre l’expérience des lois qui régissent notre univers. Ainsi le lieu de la pratique martiale symbolise le monde, le combat symbolise la vie et ses changements constants, l’adversaire symbolise notre ego. L’artiste martial considère les épreuves de la vie comme un moyen de se perfectionner ou de se purifier en passant au dessus des pièges égotiques.
A quoi bon me direz-vous ? Et bien si nous partons du principe que chaque homme aspire à vivre heureux et en paix avec lui-même et les autres et qu’il est soumis à une loi d’évolution l’amenant à s’extirper des attaches matérielles, et bien une voie initiatique nous offre l’occasion de consacrer une vie à cette quête d’ascension, de paix, d’unité et même, disons le d’amour. Elle nous amène à goûter la sérénité d’une existence plus spirituelle et plus riche de sens. L’épanouissement de la circulation de l’énergie vitale qui en découle est un gage de santé et de force.
Chaque voie initiatique nous pousse à acquérir la maîtrise totale de notre être dans toutes ses dimensions afin que nous puissions vivre en harmonie avec les forces de la vie. Les formidables capacités des anciens Maîtres découlent de leur volonté de pratiquer les Arts Martiaux pour suivre cette voie d’évolution ou plutôt, d’accomplissement comme le signifie le terme KUNG FU.
Pour être plus clair, et pour résumer les précédents propos, la voie est un parcours qui enseigne l’école de la vie. On y apprend et on y expérimente les lois universelles au moyen d’une discipline (les arts de la Guerre par exemple). En réalisant que nous sommes soumis aux mêmes lois que l’Univers,  nous comprenons la nature profonde de ce que nous sommes. Grâce à cette compréhension, nous travaillons à maitriser l’ensemble de nôtre être afin de l’ajuster pour pouvoir vivre en harmonie avec ces lois Universelles. Nous y gagnons à vivre en paix avec nous même et avec nos semblables ce qui est la base du bonheur. Nous y acquérons la santé, la force et la sagesse.

La notion d’accomplissement personnel est directement liée au concept de voie.
Si nous analysons le terme Chinois KUNG FU, nous dégageons plusieurs clés de l’ensemble des idéogrammes qui le composent. Tout d’abord, une notion de travail, d’effort, d’investissement, le tout sur une longue période de temps. Puis nous avons l’idée d’une matière, d’un contenu, d’une discipline … et enfin, nous avons l’image d’un homme accompli. Si le terme de KUNG FU est aujourd’hui employé pour désigner directement les Arts Martiaux Chinois, c’est, à l’origine, une expression consistant à reconnaître un haut degré de maîtrise qu’une personne a pu atteindre par son travail assidu.
Si nous sommes capables de concevoir clairement ce que représente le fait d’accomplir une tâche, s’accomplir en tant qu’homme nous paraît déjà plus flou.
Qu’est-ce qu’un homme accompli ?
Et bien, dans le cadre des Arts martiaux traditionnels, un homme accompli est tout d’abord quelqu’un qui, par la pratique de son art, a atteint un haut niveau de maîtrise de lui-même, c’est-à-dire de son corps, de son souffle, de son esprit et de son énergie.
Un homme accompli est également un homme qui a transmuté sa nature d’homme vulgaire pour devenir un « initié ». En effet, nous l’avons vu, un Art Martial traditionnel était censé nous enseigner et nous permettre d’expérimenter les lois qui régissent notre Univers. Celui qui recevait ces connaissances changeait inévitablement son regard sur la vie et le monde. Il modifiait sa pensée et sa façon de vivre afin que son existence soit en harmonie avec le fonctionnement de la nature. Il devenait ainsi un initié et poursuivait un but de perfectionnement ultime.
Nous ne parlons pas de perfectionnement martial, les Arts Martiaux ne sont ici que l’outil de perfectionnement de l’être.
Se perfectionner, c’est s’entraîner pour s’améliorer. C’est-à-dire, pour devenir un homme meilleur dans tous les domaines de l’existence. Meilleur signifie ici « plus pur » ou, si nous reprenons le terme cher au Bouddhisme, cela signifie également « plus lumineux ». La lumière, en opposition à la matière, représente l’énergie subtile de haute intensité vibratoire. Pour être plus lumineux, il faut se délester de ce qui fait obstacle au passage de la lumière à travers nous, c’est-à-dire de tout ce qui densifie la matière. Notre corps physique se densifie dès lors que nous émettons une résistance face à ce que la vie nous propose de vivre.
Le mot accomplissement exprime deux notions. La première se rapporte à l’action de compléter quelque chose. La seconde, nous amène une idée d’achèvement. Cela signifie que la pratique martiale était, à l’origine, une voie offrant à un homme la possibilité d’acquérir des savoirs et des compétences accélérant son évolution. Encore faut-il, pour comprendre cela, avoir l’intime conviction que l’homme est voué à évoluer (et non à consommer comme on souhaiterait nous le faire croire aujourd’hui afin de mieux nous asservir).
Evoluer, c’est passer du stade de la matière la plus dense à une matière épurée. C’est-à-dire, amener notre corps à un niveau vibratoire élevé. Il faut, pour cela, avoir exploré profondément la matière (le corps physique), l’avoir organisée, équilibrée, maîtrisée afin d’y faire descendre l’énergie subtile par la conscience. Par cette œuvre, on prépare son passage vers un plan supérieur d’existence après la mort et on met un terme au cycle des réincarnations.
Ceci est une vision spirituelle courante dans le monde qui explique pourquoi certains peuples passaient leur vie à préparer leur mort. Cette explication nous amène à discerner l’idée d’achèvement qui se cache dans le mot accomplissement lorsque celui-ci s’applique à l’homme.
En résumé, une voie martiale traditionnelle est une voie d’accomplissement dans le sens où elle offre à celui qui l’entreprend, la possibilité de travailler sur lui afin de se parfaire.
En s’appliquant à vivre en harmonie avec les lois Universelles, l’initié parvient à équilibrer le corps et l’esprit, la matière et le subtil, le masculin et le féminin. Ainsi, il se complète et évolue jusqu’à parvenir à un haut degré vibratoire. Il achève sa condition d’homme lorsqu’il parvient à mettre un terme au cycle de ses réincarnations. S’accomplir, c’est en somme, se rencontrer dans sa nature la plus pure.
Tout cela est approximatif et ne constitue aucune vérité, c’est une vision des choses, un point de vue. Vous pouvez adopter ces croyances si vous les jugez constructives et qu’elles vous aident à vous libérer de l’errance commune à tous ceux qui cherchent un sens à la vie.
Si vous êtes un Artiste Martial passionné par la profondeur de votre art, vous ne trouverez ici que des pistes que vous devez absolument approfondir vous-même. Cherchez vos propres réponses et construisez votre vérité sur ce que sont vos pratiques et sur ce qu’est la vie. Rappelez-vous que le sens des Arts Martiaux traditionnels se trouve au cœur du Bouddhisme, du Confucianisme, du Taoïsme et, pour les Arts Martiaux Japonais, du Shintoïsme. Vous rencontrerez d’ailleurs les mêmes concepts au sein des traditions ésotériques occidentales.