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LES ARTS MARTIAUX TRADITIONNELS : LE CULTE DES ANCETRES

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LES ARTS MARTIAUX TRADITIONNELS : LE CULTE DES ANCETRES

LES ARTS MARTIAUX TRADITIONNELS

LE CULTE DES ANCETRES

 

Le seize février marque le début de l’année du chien de terre pour les Chinois. A cette occasion, bon nombre d’occidentaux ont tenu à partager, aux côtés des communautés Asiatiques de leur pays, les festivités de plus en plus appréciées et encouragées. On ne compte plus, en France, les initiatives culturelles et les démarches commerciales qui accompagnent cet évènement. Même dans de nombreuses écoles Françaises, la date fut l’objet d’un menu Asiatique à la cantine, d’un petit cours sur le pays en question et sur la manière dont les Chinois fêtent leur nouvel an : pétards, danses du Lion, Dragon volants, présents… Chez nous, c’est avant tout, tout un folklore qui est célébré. Bien entendu, les écoles de KUNG FU Françaises y trouvent une formidable opportunité  de faire la démonstration de leurs talents et ainsi de promouvoir leur Art.

Nous ne pouvons que nous réjouir des échanges culturels profonds et sains qu’il peut y avoir entre plusieurs communautés lorsque celles-ci se respectent et s’enrichissent mutuellement de leurs connaissances, de leurs savoir-faire et de leur vision de l’Art de vivre. Lorsque les membres d’un groupe ont tous la volonté d’unir leurs différences dans le but de faire naître l’harmonie au sein de leurs relations, la beauté au cœur de leur lieu de vie, le bonheur et la prospérité de chacun, toutes les conditions sont réunies pour préserver la paix et établir de solides liens de fraternité. Il y aurait d’ailleurs beaucoup à apprendre des notions de cohésion sociale exposées par le philosophe Chinois Confucius (551 – 479 av. JC). Elles évoquent, entre autres, de grandes règles de comportement pouvant assurer le bien être de chacun au sein d’un ensemble de personnes toutes différentes. Pourquoi le nouvel an Chinois ne constituerait-il pas une formidable occasion d’éveiller les jeunes générations à l’Art de vivre avec les autres à travers quelques enseignements des valeurs Confucéennes ? Pourquoi les écoles de KUNG FU (et des autres styles Martiaux d’ailleurs) n’en profiteraient-elle pas pour rappeler que les vertus Martiales (WU DE) qu’elles affichent comme code de conduite du pratiquant sont elles même issues des discours de ce grand Sage et qu’un Artiste Martial doit devenir un ardent défenseur de la paix. C’était là l’esprit du WU TAO ou du BUDO en Japonais ! Si certains on la mémoire courte à ce sujet, qu’ils relisent les écrits de grands Maîtres comme Morihei Ueshiba ou Gichin Funakoshi. Les Arts Martiaux ont tellement à enseigner sur l’Art de la paix. Heureusement, certaines écoles traditionnelles n’attendent aucune occasion pour rappeler qu’être un Artiste Martial implique bien plus que le simple fait de faire un « sport de combat Asiatique ».

Mais c’est surtout la conception Chinoise du temps qui passe qu’il faudrait enseigner à l’occasion du nouvel an Chinois. Chaque être humain devrait comprendre la notion de cycles naturels. Le calendrier Chinois est issu de l’observation des cycles du temps et de l’énergie que chacun d’entre eux apporte dans les différents contextes  de l’existence. Chaque année porte le nom d’un animal dont le caractère ou le comportement est, selon les Chinois, en lien avec l’énergie particulière d’un cycle. Au-delà des cycles annuels il y a également l’influence des cycles liés aux éléments naturels : le feu, la terre, le métal, l’eau, le bois. Tous ces cycles sont la conséquence de l’influence des astres sur notre planète. Ne serait-il pas intéressant de partager ces connaissances avec nos enfants ? La magie de la vie est là, sous nos yeux, au cœur de la nature qui nous entoure. Le nouvel an Chinois célèbre la nature et devrait nous inviter à lui redonner une place primordiale dans notre relation à nous même, à l’autre et au monde qui nous accueille.

Pourquoi ne pas répondre aux vraies questions des enfants ? Pourquoi les pétards, pourquoi les Dragons volants, pourquoi les Lions dansants ? Au lieu de noyer notre méconnaissance dans un discours fuyant invoquant le fatras de superstitions, nourrissons-les (et nourrissons-nous !) de cette relation avec les forces invisibles que les Chinois entretiennent et qui justifie bon nombre de leurs actes. Initions-les au culte des Ancêtres qui fait partie intégrante de la culture Asiatique. Par ce biais nous pourrions ramener nos jeunes générations vers la nécessité de préserver leur propre culture, de retrouver leurs propres racines et de mieux comprendre qui ils sont à travers la connaissance de leur lignée. Nous serions à même de renouer avec l’énergie de nos Ancêtres et de saisir comment l’énergie du moment influence notre vie. L’invisible nous accompagne. Les forces qui nous entourent étaient un sujet d’étude majeur pour nos civilisations passées. En reniant cela, nous avons perdu peu à peu notre lien à la nature et nous en souffrons, condamnés à errer dans l’ignorance de notre essence véritable…

Cessons donc de nous attacher au côté superficiel des choses. Oui, fêter « la bonne année Chinoise » c’est original ! Oui, saisir l’occasion pour démontrer son intérêt pour la culture Asiatique, les Arts Martiaux ou les Arts énergétiques c’est  gratifiant pour l’ego. Participer aux défilés de rue, balancer des pétards, manger des nems et s’habiller en pyjama de soie c’est « fun » et divertissant. Mais n’oublions pas le sens profond de ce que nous célébrons. Dans la vie il n’y a pas de hasard, si l’on en vient à nouer des liens avec d’autres traditions que les nôtres, c’est qu’il faut retrouver, par un autre chemin, ce que nous avons nous même perdu.

Je m’adresse maintenant plus particulièrement aux Artistes Martiaux Français qui ne verraient pas de lien entre les forces invisibles et leur discipline. Pourquoi pensez-vous que dans les Dojos ou les Kwans, vous êtes invités à saluer les portraits des défunts Maîtres ou encore le lieu de pratique et ce, dans un ordre précis, face à des points cardinaux précis (etc.) ? Pourquoi trouve-t-on, dans les écoles traditionnelles un autel avec quelques offrandes situées sous les portrait d’une lignée familiale de Maîtres ? Pourquoi y brule-t-on de l’encens ? Pourquoi les formes (Taolu, Katas) débutent-elles face à une direction déterminée et prennent-elles une ou plusieurs trajectoires précises ?

Cherchez, mais ne prenez pas pour argent comptant ce que l’on voudra bien vous dire car la clé de ce que vous êtes se trouve au cœur des réponses que vous trouverez par vous-même.

 Brice AMIOT – WUDE, Esprit Martial.