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Savoirs pratiques des Arts Martiaux

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Savoirs Pratiques des Arts Martiaux

« Comprenez la théorie de ce que vous faites ! »

Cette maxime est une des plus célèbres dans le monde des Arts Martiaux. Savoir pourquoi on fait les choses de telle ou telle façon nous permet de mieux les faire et d’avoir la bonne intention derrière les gestes.

C’est quoi le KUNG FU ?

“KUNG FU, WUSHU, SANDA, TAIJIQUAN, WING CHUN, QI GONG » … aie aie aie ! C’est du Chinois tout ça !

Tâchons d’y voir plus clair …

KUNG FU (ou GONG FU) est un terme chinois qui signifie qu’une personne a investi beaucoup de temps et d’efforts au service d’une discipline, d’un art ou d’un métier. Grace au travail qu’elle a fourni régulièrement pendant plusieurs années, elle a obtenu un savoir faire indiscutable, une aisance et une parfaite maîtrise de son corps et de son esprit. Le terme KUNG FU ne se rapporte pas uniquement au monde des Arts Martiaux. On peut dire, par exemple, qu’un grand chef cuisinier possède le « KUNG FU de la cuisine », qu’un grand pianiste possède le « KUNG FU du piano etc » …

WUSHU signifie « art de la guerre » et est le terme utilisé aujourd’hui pour désigner les Arts Martiaux chinois. L’idéogramme WU, « la guerre », est composé de deux petits dessins (clés). L’un de ces deux dessins représente une hallebarde (c’est une arme longue qui ressemble à un long bâton avec, au bout, une lame de sabre très large) et l’autre représente l’action de stopper, d’arrêter.
La hallebarde représente toutes les armes. Il peut donc paraître surprenant de constater que le mot chinois « guerre » implique une volonté de stopper l’usage des armes.
C’est tout simplement parce que les chinois ne concevaient la guerre que comme un ultime moyen de rétablir la paix lorsque les relations entre les hommes étaient devenues impossibles. Dans la nature, lorsque les conditions météorologiques deviennent trop extrêmes, un phénomène brutal (un orage par exemple) éclate. C’est une nécessité pour retrouver un certain équilibre …
Il faut comprendre par là qu’un Artiste Martial s’engage à refuser tant que possible les conflits physiques. La guerre étant la plus horrible des choses, il est de son devoir de tout faire pour l’éviter. Par son entraînement, il acquière des qualités physiques supérieures, un savoir faire aiguisé dans l’art du combat à mains nues ou avec armes, la maîtrise de ses émotions et l’art de la concentration. S’il a travaillé dur pendant de nombreuses années, l’artiste Martial n’aura pas à démontrer son savoir faire pour imposer le respect. Sa personnalité et son allure générale suffiront à dissuader les âmes sombres de s’en prendre à lui ou à ses proches.  Un dicton célèbre dit « si tu veux être en paix, prépare la guerre… ». Si malgré toutes ses tentatives pour éviter le conflit physique, celui-ci est inévitable, il sera prêt à combattre vaillamment mais aura la volonté de préserver toute vie humaine. En effet, un Artiste Martial se doit de respecter et de protéger tous les être vivants. Il a l’intention de faire le bien et de s’améliorer chaque jour dans l’exercice de son art ou dans l’expression de ce qu’il est. Il sert l’humanité et agit d’abord avec le cœur. Il s’applique à respecter les vertus martiales ( l’humilité, la générosité, la droiture, le respect, la loyauté, le courage, la persévérance, la patience, la volonté et l’endurance), refuse l’injustice et la méchanceté gratuite, protège les plus faibles et étudie avec  passion tous les savoirs qui permettent à un être vivant de vivre heureux  et en pleine santé. Un Artiste Martial n’est pas un soldat. Le soldat exécute les ordres d’un supérieur. Il n’a pas à réfléchir et est prêt à détruire tout ce qu’on lui demandera de détruire sans se poser de questions.  L’Artiste Martial est libre de ses choix et de ses décisions. Il a l’âme d’un bâtisseur, pas celle d’un destructeur.
Depuis les années 50, le terme WUSHU désigne un ensemble de pratiques sportives modernes inspirées des styles martiaux Chinois d’antan. Aujourd’hui, les pratiquants de WUSHU sont soumis à l’apprentissage de gestes issus des boxes traditionnelles du nord et du sud de la Chine. Ces gestes sont liés entre eux et agrémentés de sauts et d’acrobaties afin de fournir une chorégraphie spectaculaire proche de ce qu’on peut voir en Gymnastique Rythmique. Les applications martiales sont délaissées et l’esprit sportif et compétitif à tué la profondeur de l’art. A coté de ces démonstrations techniques, une forme sportive d’affrontement a été créée : le SANDA. Quelques boxes traditionnelles Chinoises ancestrales ont échappé à la modernisation et sont restées assez fidèles à la transmission originelle. On peut citer le WING CHUN et le HUNG GAR par exemple …

SANDA signifie « combat libre » en chinois. Ce terme est un terme moderne dérivé du nom SAN SHOU. Il désigne aujourd’hui une forme d’affrontement sportif permettant aux pratiquants de KUNG FU WUSHU d’exprimer leur science du combat au cours de rencontres réglementées. Hors, cette discipline créée dans les années 90 n’a que peu de liens avec les boxes traditionnelles chinoises. Elle est simplement une forme moderne de sport de combat Chinoise née dans l’armée. En effet,  il fallait entraîner les militaires Chinois  au combat rapproché à mains nues et cette discipline leur permettait d’utiliser leurs techniques de poings, de pieds, de saisies et de projections.
Si, de nos jours, l’esprit des Arts Martiaux Chinois se perd, c’est en grande partie à cause de la volonté d’en faire un sport. Mais si on comprend ce qu’était le SAN SHOU dans les boxes ancestrales Chinoises, je pense qu’il est possible d’adapter les savoirs profonds à cette discipline moderne qu’est le SANDA et ainsi relier la Chine moderne et la Chine Ancienne.  De plus, un sport de combat tel que le SANDA est configuré pour intégrer facilement les savoir faire des disciplines occidentales telles que la Boxe Anglaise, la Boxe Française, la Boxe Américaine ou encore la lutte. Cette particularité en fait donc un formidable outil de développement martial complet en ce qui concerne le combat debout.
Normalement, l’apprentissage d’un Art Martial demande plusieurs étapes. L’étudiant doit d’abord prouver qu’il est déterminé à étudier sérieusement et à fournir les efforts nécessaires à son épanouissement en tant qu’Artiste Martial. Il doit également prouver qu’il est digne de confiance et qu’il n’emploiera pas les Arts Martiaux pour faire le mal. S’il est accepté par un professeur, celui-ci lui demandera d’acquérir une bonne condition physique essentielle pour la pratique. Puis, l’étudiant devra assimiler des techniques, des postures et des déplacements. Lorsque l’exécution de chaque élément sera jugée correcte, l’étudiant pourra alors commencer à lier ses savoirs. Un peu comme en musique, on apprend d’abord à produire les différentes notes une par une avec son instrument, puis, on s’exerce ensuite à les assembler pour créer différentes mélodies.
Une fois passée cette étape, l’étudiant commencera à pratiquer avec un partenaire d’entraînement. Il exécutera des enchaînements imposés afin d’aiguiser son sens du combat, de la distance, du rythme … Au bout d’un certain temps, ses gestes seront innés, ses reflexes instinctifs et ses techniques précises. Il aura alors l’expérience suffisante pour se permettre de passer à une expression libre de ses qualités de combattant au sein d’un combat réglementé (ou pas). C’est cette ultime étape qu’on nommait jadis « SAN SHOU » (littéralement « mains « libres »). L’être est libéré des mécanismes de l’apprentissage et il agit librement au niveau le plus difficile de son art : le combat libre. Il est autonome dans la création de ses enchaînements, dans l’élaboration de sa stratégie, dans la gestion de son énergie et de ses émotions.
Pour reprendre le parallèle avec la musique, le SAN SHOU représente l’étape dans laquelle le musicien est capable de créer sa propre musique et d’improviser librement au sein d’un groupe. Il est impératif de replacer cette dimension de progression « pas à pas » dans la pratique moderne du SANDA afin de préserver le sens constructif originel de l’Art Martial.

TAIJIQUAN (TAI CHI CHUAN) est un terme chinois signifiant « boxe du grand fait suprême ». Pour les chinois, le grand fait suprême représente la volonté qui est à l’origine de toute création.  La création de la moindre chose dans notre monde entraîne inévitablement l’application d’une loi universelle nommée YIN YANG. Cette loi nous enseigne qu’un équilibre entre deux pôles indissociables est nécessaire à l’épanouissement de chaque chose prenant vie dans notre monde, que tout se transforme perpétuellement et que la dualité est une illusion.  Cette dénomination spirituelle n’est venue que très tard désigner ce style martial chinois. La nature extrêmement souple des techniques de cet art lui a longtemps value le surnom de « boxe de coton », le coton incarnant la douceur, la souplesse et l’élasticité pour les chinois. Le TAIJIQUAN appartient au registre des « boxes internes » chinoises. C’est-à-dire qu’il s’appuie en priorité sur la culture de l’énergie vitale et sur sa répartition harmonieuse dans le corps. L’adepte est soumis à l’apprentissage long et rigoureux de postures et de déplacement destinés à construire sa racine et son équilibre, puis, à l’emploi d’une respiration lente et rythmée utilisée pour contrôler ses émotions, calmer le corps, canaliser l’esprit, armer ou libérer les techniques, guider l’intention et remplir certaines zones d’appuis. L’élève est ensuite initié à la boxe souple, c’est-à-dire au registre des techniques et applications martiales du Taijiquan. Il construit progressivement une seconde nature quant à l’expression de ses gestes. Tout devient souple et harmonieux, fluide et relié. Ce travail ne se fait qu’à travers une maîtrise constante de l’esprit. Forger le corps et l’esprit est d’ailleurs l’unique objectif de tout Artiste Martial et le Taijiquan, lorsqu’il ne devient pas une « simple gymnastique de santé » ou une « chorégraphie sans âme » est un trésor d’enseignements pour parvenir à cette fin. Mais comme tous les trésors, pour l’obtenir, il faut le mériter.

WING CHUN signifie « printemps radieux ». Ce nom vient de YIM WING CHUN, jeune fille chinoise héritière des savoirs d’une nonne combattante et principale fondatrice de la structure et des principes du système. Comme le TAIJIQUAN, le WING CHUN est un des nombreux styles martiaux appartenant au registre du WUSHU. Cette boxe originaire du sud de la Chine a été révélée au monde par Bruce Lee qui l’étudia durant quelques années auprès du désormais célèbre Maître YIP MAN (IP MAN) à Hong Kong. Directement créée pour le combat à courte distance, le WING CHUN est un véritable « solfège » pour la pratique des Arts Martiaux. L’accent est mis avant tout sur l’efficacité  en combat contrairement aux styles modernes qui composent le WUSHU aujourd’hui et où l’esthétisme est au premier plan. L’étude des principes du WING CHUN fournira à toute personne prête à l’étudier, les enseignement fondamentaux essentiels à la formation d’un artiste martial complet. Le WING CHUN est un style très riche qui requière beaucoup d’efforts, de temps  et d’investissement. Il est l’une des meilleures écoles martiales au monde et son étude transforme littéralement ses adeptes à tous les niveaux.

QI GONG signifie travail, investissement dans l’étude de l’énergie. Ici, on parle de l’énergie du corps humain. Le QI GONG regroupe donc tous les domaines d’étude liés à l’énergie vitale de l’homme. L’acuponcture, les massages thérapeutiques, l’étude des plantes et de l’alimentation, la méditation, les exercices physiques, les Arts Martiaux etc … Aujourd’hui en occident, le terme QI GONG désigne essentiellement une gymnastique de santé réalisée en harmonie avec la respiration et la concentration.

L’engagement sur la voie martiale

Vous qui vous apprêtez à franchir les portes d’un DOJO ou d’un KWOON ?

Etes vous bien certains de savoir ce qui vous y attend ?

S’engager sur une voie martiale impliquera automatiquement de gros efforts et de nombreux sacrifices sur divers plans. Sans cela, aucune réussite ne sera possible. Un  Art Martial est une école de vie qui enseigne de nombreuses lois universelles et la première est que l’on récolte ce que l’on sème. Seules des graines d’assiduité, de patience et de persévérance semées dans une terre saine travaillée et enrichie avec passion et arrosée de sueur donneront de magnifiques fruits.

Un Art Martial n’est ni un sport, ni un loisir, ni un système de défense « rapidement assimilable ». C’est un outil de développement personnel. C’est une discipline éducative destinée à fournir à ses adeptes, des clés pour comprendre le sens de la vie. Le but n’est pas d’y apprendre à détruire les autres mais à réussir, au sein de la pire relation qui puisse exister entre deux être, à maîtriser l’ensemble de son être afin de parvenir à rétablir la paix, même si cela implique également de pouvoir maîtriser l’autre.

Vous devez savoir exactement pourquoi vous vous engagez sur la voie Martiale car c’est une voie tellement longue et difficile que sans un objectif précis, vous risquez d’abandonner rapidement.

Si vous cherchez à savoir vous battre ou vous défendre rapidement de manière efficace, il se peut effectivement que ce ne soit pas le meilleur choix mais dites vous bien une chose. Celui qui prétend vous apprendre à pouvoir vous défendre efficacement avec quelques techniques et en quelques leçons vous ment ! Une agression ou un combat est une situation extrême. Pouvoir y faire face et espérer « sauver les meubles » demande un très long travail acharné et régulier sur de multiples plans.
Si vous chercher un moyen pour vous défouler, un Art Martial n’est pas non plus la meilleure discipline. Un Art Martial vous demandera tout le contraire, car ce qu’il exigera de vous avant tout, c’est de la maîtrise : la maîtrise de votre corps et de vos gestes, la maîtrise de vos émotions et de vos peurs, la maîtrise de votre pensée et de votre intention, la maîtrise du rythme et de la distance, bref tout réside dans la maîtrise de soi.
Si vous cherchez un moyen pour briller en société, un Art Martial n’est encore une fois absolument pas adapté car il vous apprendra que votre pire ennemi est justement votre ego.
Si vous cherchez à reconquérir l’intégralité de votre personne afin d’être en meilleure santé physique et mentale, la voie martiale est adaptée.  Si vous souhaitez bénéficier d’armes pour affronter la vie et ses aléas, la voie martiale est adaptée. Si vous cherchez à atteindre l’expression la plus pure de votre être, la voie martiale est adaptée. Si vous cherchez à sans cesse à travailler sur vous afin de vous améliorer, la voie martiale est adaptée. Si vous cherchez le moyen d’être un peu plus en paix à l’intérieur de vous-même afin que cela influence votre monde extérieur, la voie martiale est adaptée.
La voie Martiale ne vous mettra jamais en compétition avec les autres. Le seul véritable ennemi que vous y rencontrerez sera vous et vous seul.

Vous apprendrez d’abord à vous comporter de manière impeccable face au professeur et aux autres élèves : les règles de politesse, de respect, d’humilité et d’entraide devront être assimilées. Ensuite vous serez soumis à tout un tas d’exercices physiques destinés à épurer, renforcer, équilibrer et assouplir votre corps. Ces exercices forgeront également votre mental, vous apprendrons le goût de l’effort, le courage et la persévérance.
Vous devrez tenir des postures pendant de longues minutes puis, répéter inlassablement des techniques, des déplacements, des enchaînement, des formes. Il n’y a rien de « FUN » dans les Arts Martiaux car la clé est la répétition. Les techniques de combat ne sont pas des recettes de cuisine. Pour qu’elles soient réellement efficaces, il faut les répéter des milliers de fois seul ou contre des dizaines de partenaires différents dans des dizaines de situations différentes. La réelle question dans les Arts Martiaux n’est pas uniquement « comment fait-on ? » mais plutôt « combien de fois et pendant combien de temps doit-on le faire ? » et la réponse est souvent « toute une vie » …

Il faudra pratiquer souvent afin de créer des automatismes et des réactions instinctives. C’est grâce à la régularité qu’un principe devient une habitude et qu’une habitude devient une seconde nature. On ne doit pas réfléchir à ce que l’on va faire dans la pratique. Cela doit se faire instinctivement.

Un véritable Artiste Martial ne l’est pas uniquement à l’entraînement. Il l’est dans tous les contextes de sa vie. Ce qu’il apprend de son professeur n’est qu’un code qui doit s’appliquer à l’extérieur de la salle. S’engager dans la voie martiale c’est comprendre que
LA TERRE EST UN KWOON,
Que LA VIE EST UN PROFESSEUR,
Et que VOUS ETES VOTRE VERITABLE ENNEMI.
Par ailleurs, il est évident qu’un Artiste Martial s’il veut réussir, doit avoir une vie saine et équilibrée, se tenir à l’écart des querelles et des histoires, apporter son aide à ceux qui en ont besoin et chercher à devenir un ardent défenseur de la paix.

Connaissez-vous l’histoire de cet Art ? Que signifie son nom ? D’où il vient ? Par qui a-t-il été élaboré et pourquoi ? Toutes les réponses que vous obtiendrez vous permettront de mieux comprendre ce que vous ferez sans avoir à vous poser trop de question.

Justement parce que pour la plupart, ils ne savent pas ce qu’est la voie martiale et parce que le fonctionnement de notre société actuelle est à l’encontre des valeurs mises en avant par les Arts Martiaux. Finalement vous comprendrez, si vous vous engagez sur ce chemin difficile, que devenir Artiste Martial constitue un véritable acte de rébellion.

Les règles de conduite imposées par les pratiques martiales traditionnelles

Dans les Arts Martiaux, tout commence et finit par un salut. C’est l’expression la plus basique du respect et de la politesse qu’on s’est engagé à exprimer envers les autres en endossant le titre d’Artiste Martial.
Il est coutume, dans un premier temps, de saluer le lieu de l’entraînement dès qu’on y entre. Ensuite, on salue les ancêtres ou encore les divinités associées à l’Arts Martial pratiqué et à ses origines. Ce peut être des cadres avec les photos des Maîtres fondateurs du style, des statuettes, des écussons …
On salue ensuite le Maître ou le professeur qui officie dans le lieu et enfin, on salue ses frères et sœurs d’entraînement.
A la fin du cours, ce rituel se refera dans le sens inverse.
Bien entendu, chaque rencontre/échange (application technique avec partenaire, combat …) au sein d’un lieu dédié à la pratique, débute et se termine par un salut.
Dans les Arts Martiaux Chinois, le salut se fait en se tenant debout bien droit face à ce/celui/celle que l’on souhaite saluer. Les jambes et les pieds sont joints, les fessiers contractés, la poitrine légèrement bombée. Le menton est légèrement rentré et les épaules relâchées. Les deux bras forment un arc de cercle devant le buste pour que les mains se rejoignent bien en face de la poitrine. L’angle de la flexion des coudes est de 135°. Le poing droit est fermé, paume vers le sol. La main gauche est ouverte, doigts joints et tendus vers le ciel sauf le pouce qui est fléchi afin que l’extrémité regarde le tranchant de l’index. La paume de la main ouverte vient donc accueillir le poing.
On ne s’incline en aucun cas lors du salut. Le regard est fixe, intense et vif.
Selon la légende, ce salut aurait été élaboré par les rebelles Chinois durant l’invasion Mandchoue (1644-1912). Cette invasion entraîna le renversement de la dynastie MING par celle des QING.
MING, en Chinois, signifie « lumière ». L’idéogramme lumière se compose de deux caractères, l’un représentant le soleil  et l’autre, la lune .
Les Arts Martiaux Chinois se sont particulièrement développés durant cette invasion car forcément, un pays soumis à l’occupation engendre irrémédiablement une résistance de la part de son peuple opprimé. Celle-ci s’est organisée dans les temples bouddhistes pour plusieurs raisons : d’abord parce que les Qing respectaient l’intimité des édifices religieux et ensuite parce qu’un savoir martial y était préservé et enseigné par des moines guerriers.
Rappelons d’ailleurs que si le temple de Shaolin est célèbre pour avoir été le berceau des Arts Martiaux, il ne fut pas le seul édifice religieux à abriter ce type de moines combattants. Des écrits historiques relatent d’ailleurs plusieurs faits au cours desquels les bonzes prirent les armes pour défendre leur pays comme au XIIIème siècle par exemple. Il y avait, à l’époque, beaucoup d’échanges de savoirs entre les différents temples Bouddhistes d’Asie et les moines du Shaolin ont propagé leurs connaissances à travers la Chine et au-delà de ses frontières par le biais de leurs visites chez leurs congénères ou tout simplement parce qu’eux même, recevaient d’autres moines.
Les rebelles MING s’entraînaient donc aux Arts Martiaux dans les temples et cela finit par se savoir. En conséquence, les Mandchous incendièrent bon nombres de ces lieux dont le fameux temple Shaolin. Cela contribua à la dispersion des rebelles et à la propagation des Arts du combat au sein du peuple laïque.
Traqués, Les rebelles avaient besoin de trouver refuge chez des gens de confiance et d’organiser des réseaux afin de mener des actions communes. Ils eurent l’idée de créer un signe de reconnaissance ou encore de ralliement : un geste symbolique qu’ils pouvaient effectuer à distance de sécurité. Ils composèrent donc un salut à partir du poing droit fermé représentant les forces positives (YANG) et par conséquent, le soleil, et de la main gauche ouverte, représentant les forces négatives (YIN) et par conséquent, la lune. Bien entendu l’objectif était de formé gestuellement le symbole de la lumière (MING) devant son cœur.
Ce salut est donc un signe révolutionnaire qui s’accompagnait autrefois de la formule « FAN QING, FU MING » (« Renversez les QING, restaurez les MING ! »). Même si on le trouve parfois exécuté d’une manière moins conventionnelle que celle qui a été décrite plus haut, ce salut reste celui des pratiquants d’Arts Martiaux Chinois pour plusieurs raisons.

Le contexte historique dans lequel il est né a engendré le plus important perfectionnement de la science Chinoise du combat car c’est en temps de guerre que se développent les plus ingénieuses façons de guerroyer. Les rebelles Chinois, ne pouvant compter sur leur seule force physique, ont élaboré de grands trésors techniques appartenant à la richesse martiale que l’on nomme aujourd’hui WUSHU. Reprendre leur salut leur rend hommage.
Une main ouverte, doigts joints dirigés vers le ciel et placée devant la poitrine rappelle le salut des bonzes du temple Shaolin. C’est donc un second hommage rendu à ce lieu mythique d’une importance majeure pour le développement des Arts Martiaux.
Le poing droit représente la force et la main gauche ouverte représente la maîtrise. On tient donc également à symboliser le fait que l’objectif de la pratique des Arts Martiaux est la maîtrise de soi.
Le poing droit représente également les « Arts du poing » ou, en d’autres mots, les « boxes » et la main gauche représente la culture, la connaissance, l’éducation. Après que les Arts Martiaux soient sortis des temples et avant qu’ils ne deviennent des « sports », ils n’étaient divulgués qu’à un cercle restreint d’élèves triés sur le volet par les Maîtres. Pour être accepté auprès de l’un d’entre eux, il fallait être « de bonne famille », c’est-à-dire avoir reçu une éducation digne de ce nom, être un lettré et, de ce fait, avoir étudié (c’était la base) les grands classiques de la pensée Chinoise (les classiques Confucéens). Il était hors de question que ce savoir soit transmis à de vulgaires voyous. Ce bagage intellectuel était nécessaire pour équilibrer le travail du corps. Lorsque les Arts Martiaux Chinois du sud de la Chine sont passés à Okinawa, ce principe fut nommé « bun bu ryo do » (équilibre entre le savoir martial et le savoir intellectuel). Certaines écoles formaient d’ailleurs leurs élèves aux Arts parallèles que sont la médecine Chinoise, la calligraphie, la poésie et la musique. L’emblème du « Tigre et du Dragon » se transformait alors en celui du « sabre et du pinceau ».
Enfin, il faut rappeler que derrière les Arts martiaux se cachent de nombreuses connaissances hermétiques héritées des Taoïstes. Unir le symbole du soleil et de la lune devant la poitrine n’est pas anodin. L’accomplissement d’un être humain ne peut se faire qu’à travers l’union de ses natures masculines et féminines. Ce principe essentiel a d’ailleurs fait l’objet de bon nombre de gravures Alchimiques occidentales.

Dans la Chine ancienne, l’enseignement des Arts Martiaux se faisait avant tout par le biais d’une transmission orale de Maître à élève(s). Afin de préserver l’essence profonde de leur Art, certains experts ont établi des chants ou des poèmes à base de phrases clés. Ces chants Martiaux sont des « maximes ». Ils évoquent les principes généraux liés aux attitudes ou aux techniques à adopter en combat et sont sensés renfermer les secrets d’un style.  Ils sont volontairement incompréhensibles pour les non-initiés et font l’objet, lors de la transmission, d’une explication détaillée et d’une mise en application par le professeur.
Mais avant de recevoir une quelconque initiation technique, chaque élève doit connaître et appliquer, à la salle comme dans la vie, un ensemble de règles de conduite. Ces règles ont une fonction éducative et constituent des remparts afin que les savoirs ne tombent pas entre les mains « d’hommes vulgaires » malintentionnés. « Vulgaire » signifie ici « mal éduqué, sans volonté d’évoluer et de contribuer à l’émergence d’un monde meilleur ».
Maître YIP MAN ordonna à un de ses élèves, MOY YAT, de graver les maximes du WING CHUN dans la pierre : les « WING CHUN KUEN KUIT ». Plus tard, deux autres élèves du Grand Maître, Augustine FONG et WANG KIU, vinrent compléter cet œuvre. Les WING CHUN KUEN KUIT présentent, entre autres, 18 règles de conduite que chaque Artiste Martial devrait connaître, comprendre et appliquer :
Sao Gay Lout Soung       Syeung Moh Deuck
Restez disciplinés. Conduisez-vous éthiquement comme un Artiste Martial.
Ming Lai Yi                 Ngoy Goke Djuen Cheun
Pratiquez la courtoisie et la droiture. Servez la communauté et respectez vos aînés.
Ngoy Toang Hock      Tuen Git Loke Kweun
Aimez vos camarades (d’entraînement). Soyez unis et évitez les conflits.
Djit Sick Yoke Boh Sao Djing Seun
Limitez vos désirs et la recherche des plaisirs corporels. Préservez un esprit correct. 
Keun Lin Djop             Gay But Lay Seun
Entraînez-vous avec diligence. Maintenez vos compétences.
Hock Yeung Hay        Gai Leum Dao Djoung
Apprenez à développer la tranquillité spirituelle. Abstenez-vous de disputes et de conflits.
Syeung Chue Sai        Tai Doh Weun Meun
Participez à la société. Soyez prudent et doux dans vos manières.
Fou Yeuk Siou            Yi Moh Fou Yeun
Aidez les faibles et les jeunes enfants. Utilisez vos compétences martiales pour le bien de l’humanité.
Gai Gwong Soy          Hoan Gay Djoh Feun
Transmettez la tradition. Préservez cet art Chinois et ses règles de conduite.